AA/ Ankara/ Ertuğrul Subaşı
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé qu’il trouve du mal à comprendre comment le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, s’est rendu à Paris pour participer à une marche contre le terrorisme.
Une marche "républicaine" a été organisée, dimanche, à la capitale française, en signe de solidarité avec les victimes de l’attentat meurtrier contre le journal satirique "Charlie Hebdo".
Répondant à une question sur ses sentiments face à cette participation, Erdogan s’est interrogé "Moi aussi je me pose cette question, s'agissant d'une personne qui ne cesse de perpétrer un terrorisme d'Etat qui a coûté la vie à deux mille cinq cent personnes à Gaza ?"
"Il salue les foules de manifestants comme s’ils attendent son arrivée avec impatience", s’est étonné Erdogan, dénonçant à ce propos une "attitude hautaine" empruntée par le premier israélien.
Animant un point de presse commun avec son homologue palestinien, Mahmoud Abbas, en visite officielle à Ankara, Erdogan a souligné que "la cause palestinienne, question centrale au Moyen-Orient, constitue indéniablement une plaie profonde dans la conscience de l’Humanité tout entière".
"S’agissant d’instaurer une paix durable, force est de vous dire que cela est possible sur les frontières de 1967. A défaut, il n’y aura plus de paix dans la région", a fait savoir Erdogan.
Le président turc a saisi l’occasion pour adresser des critiques virulentes au Conseil de Sécurité de l’ONU.
"Nous observons l’inertie affichée par le Conseil de sécurité de l’ONU face au banditisme d’Israël. Une attitude qui ne fait qu’exacerber la tension dans la région. Le même comportement a été observé face d’autres crises", a- t-il dénoncé
"Plus que jamais, il est impératif de mettre fin à l’occupation israélienne dans les plus brefs délais. Notre plus grand vœu étant de voir s’instaurer un Etat palestinien indépendant et souverain sur les frontières de 1967 avec capitale Jérusalem", a espéré le président turc.
Erdogan a fustigé ce qu’il appelle une "politique de deux poids, deux mesures", empruntée par les pays occidentaux.
"Il s’agit d’une politique qui demeure au-delà de tout soupçon", a-t-il dit.
"Nous les musulmans, nous n’étions jamais aux côtés du terrorisme. Nous n’avons jamais contribué à ces massacres", a-t-il tenu à préciser, faisant remarquer que "le racisme, le discours de haine adopté par certains et la montée en puissance de l’Islamophobie sont autant de facteurs qui ont contribué de ces massacres."
"Nous souhaitons voir les gouvernements des pays où nos mosquées sont agressées prendre les mesures appropriées en vue de mettre fin à ces agissements", s’est-il adressé aux responsables européens.
Pour le président turc "Ces agressions, agissements inexcusables, ne sont pas fortuites ou hasardeuses".
"Ces actes sont le produit et le résultat de tout scénario sciemment planifié", a-t-il estimé, mettant en garde contre une "conspiration qui est en train de se tramer contre le monde islamique."
"Nous devons être profondément conscient de cela", a-t-il averti.