Enes Kaplan
26 Novembre 2015•Mise à jour: 27 Novembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé que le soutien de la Turquie aux Turkmènes de Bayirbucak et à l’opposition modérée contre le régime de Bachar al-Assad.
Le président turc s’est exprimé, jeudi, lors de sa rencontre traditionnelle avec les maires de quartiers et de petites villes de différentes régions de Turquie.
"Nous continuerons à soutenir les Turkmènes de Bayirbucak et l'opposition modérée contre al-Assad, car ils sont les victimes du régime, ils sont les propriétaires de ces terres", a-t-il dit.
Le chef de l’Etat a sévèrement critiqué les frappes et les interventions russes en Syrie, affirmant que celles-ci ne visent pas Daech mais l’opposition au régime. Il a ajouté que l'objectif de ceux qui prétendent combattre Daech mais qui ne visent quasiment que les groupes de l'opposition modérée en Syrie, est très clair.
"Vous ne luttez pas contre Daech, vous tuez main dans la main avec le régime de Damas, nos frères Turkmènes au nord de Lattaquié", a-t-il lancé.
"La Turquie est quasiment le seul pays qui lutte sincèrement contre Daech. La Turquie a qualifié ce groupe de terroriste depuis 2005. Notre combat contre Daech se poursuit de manière active et ininterrompue. Personne n'est en droit de critiquer ou de douter de notre combat contre cette organisation terroriste", a-t-il dit.
Par ailleurs, Erdogan a également critiqué les pays qui soutiennent d’autres groupes terroristes, comme le PYD (Parti d’Union Démocratique – Kurde), sous prétexte qu’ils affrontent Daech.
«Malheureusement, d'autres pays soutiennent d'autres groupes terroristes qui affrontent Daech. Les agissements de Daech sont impardonnables, comme ceux du PKK, du PYD, de Boko Haram ou d'al-Shebab. Nous savons tous que les actions de Daech visent d'abord les musulmans. Mais il faut aussi voir que les agissements du régime syrien ne sont pas très différents de ceux de Daech. Al-Assad pratique une politique de terrorisme d'Etat", a-t-il expliqué.
Le Président turc a condamné avec rigueur les accusations de certains pays, notamment de la Russie, concernant le soi-disant rôle ambigu de la Turquie face à Daesh.
"Aujourd'hui certains prétendent que la Turquie achète le pétrole de Daech, a-t-il poursuivi. Notre pétrole et notre gaz viennent de Russie, d'Iran, d'Azerbaïdjan et du Nord de l'Irak. Nous achetons du gaz liquide à l'Algérie et au Qatar. Ceux qui nous accusent doivent en apporter les preuves s'ils veulent être pris au sérieux."
Selon le Erdogan, c’est le régime de Bachar al-Assad qui achète le pétrole de Daech.
«Si vous cherchez qui sont les soutiens financiers et en armes de Daech, allez voir al-Assad et les pays qui le soutiennent", a-t-il lancé.
Recep Tayyip Erdogan a également commenté les réactions de la Russie à la suite de l’incident qui s’est conclut par une intervention des chasseurs turcs contre un avion russe qui violait l’espace aérien turc.
"Nous constatons avec tristesse que la Russie prend des décisions qui n'ont aucun lien avec l'incident de l'avion écrasé en Syrie, a-t-il encore dit. Nous avons un partenariat stratégique avec la Russie. Ceci suppose une coopération et non des menaces, surtout après les nombreux avertissements répétés au sujet de la protection de notre espace aérien."
Pour Erdogan, cet incident ne doit pas se répercuter sur les relations économiques, commerciales et politiques entre les deux pays.
"Il n'y a aucune raison pour que nous ciblions la Russie avec qui nous avons des liens très forts, a-t-il poursuivi. Nous n'avons pas la même politique sur la Syrie, c'est un autre sujet, mais la violation de notre espace aérien implique la mise en oeuvre des règles d'engagement."
Le Président turc a conclu en indiquant qu’en cas de nouvelles violations de l’espace aérien turc, la réponse de la Turquie sera la même, quelles que soient les origines et les auteurs de ces violations.