AA - Ankara
En envahissant et en prenant le contrôle de la majeure partie du nord de la Syrie, le long de la frontière turque, l’organisation terroriste PYD/PKK est aujourd’hui la principale source de menace pour la sécurité de la Turquie.
En se concentrant dans la région d’Afrin (nord-ouest de la Syrie), le PYD/PKK menace la zone de désescalade d’Idlib et la région libérée par l’opération turque Bouclier de l’Euphrate. De plus, Afrin est en mesure d’offrir un accès à la Méditerranée.

Afrin est l’un des plus grands districts de la province d’Alep. Afrin est limitrophe des provinces turques de Hatay et Kilis, et offre un accès au mont Amanos à Hatay.
Juste après le début de la contestation populaire en Syrie en 2011, la région d’Afrin a rapidement été choisie par l’organisation terroriste PYD/PKK pour y concentrer une part importante de ses éléments.
La présence de l’organisation terroriste dans le secteur s’est renforcée au fil du temps grâce au soutien militaire des Etats-Unis, tout en bénéficiant des aides tactiques du régime de Bachar al-Assad et de son allié russe à l’ouest de l’Euphrate.
Forte de l’aide militaire américaine, l’organisation terroriste contrôle aujourd’hui 65% des régions frontalières avec la Turquie.
Les provinces frontalières turques sous la menace :
Le Mont Amanos, côté turc, et le Mont Afrin, côté syrien, forment une protection naturelle de la province turque de Hatay.
Pour autant, le Mont Afrin offre un site avantageux à l’organisation terroriste qui peut attaquer la province de Kilis et une grande partie de Hatay depuis les hauteurs.
De plus, en cas d’infiltration sur le territoire depuis le Mont Amanos, la surveillance et les contrôles sont extrêmement difficiles en raison de la topographie du terrain.
Le PYD/PKK entreprend régulièrement de passer en Turquie entre le Mont Afrin et le Mont Amanos pour livrer des armes et des munitions aux terroristes présents côté turc. Kilis et Hatay sont aussi régulièrement les cibles de tirs provenant de la région d’Afrin.
Selon les sources sécuritaires turques, parmi les armes saisies sur les terroristes voulant entrer en Turquie depuis Afrin, se trouvaient des roquettes antichars, des lance-roquettes, des Kalachnikov, des fusils d’infanterie de type M16 de fabrication américaine ou encore des fusils automatiques.
D’après les documents officiels du Pentagone, la liste des armes qui ont été remises au PYD/PKK depuis avril 2016 comprend entre autres : kalachnikov, fusils automatiques, fusils automatiques de haute capacité, antichars RPG-7 et AT-4 de fabrication américaine, missiles antichars APG-9 de fabrication russe, obus de calibres différents, fusils de précision, 450 jumelles PV-7 de vision nocturne et jumelles à laser infrarouge. Des véhicules blindés Cougar, des drones et des fusées antichars FGM-148, que les américains ont toujours refusé de vendre à Ankara, ont été donnée au PYD/PKK.
Un rampe d’accès à la Méditerranée :
Le PYD/PKK a été choisi par Washington pour être son allié en Syrie contre Daech, lui permettant ainsi de prendre le contrôle d’une partie importante du territoire syrien.
Grâce au soutien militaire aérien et terrestre des américains, l’organisation terroriste contrôle aujourd’hui un quart du pays.
Dans l’objectif de créer un nouvel état en divisant la Syrie, et pour assurer le lien avec le reste du monde, l’organisation terroriste s’est donné pour cible d’ouvrir une voie d’accès à la Méditerranée.
Partant de la frontière irako-syrienne dans le nord-est, le PYD/PKK a avancé tout le long de la frontière avec la Turquie pour atteindre Afrin dans le nord-ouest.
Grâce à l’opération Bouclier de l’Euphrate, la Turquie a en partie coupé le lien entre les régions Est et Ouest sous le contrôle du PYD/PKK.
Mais grâce aux relations multiples qu’elle a avec le régime d’Al-Assad, l’organisation terroriste s’est assurée un accès à Afrin à travers les régions contrôlées par le régime.
Afrin offre l’espoir au PYD/PKK d’avoir un accès à la Méditerranée.
Menace pour le Bouclier de l’Euphrate :
Afrin se trouve à l’extrémité ouest de la zone libérée par l’armée turque et l’Armée Syrienne Libre (ASL) avec l’opération Bouclier de l’Euphrate.
En 2016, avant le début de l’opération turque, le PYD/PKK cherchait à s‘installer à Afrin avec le soutien du régime syrien et de la Russie.
Une fois la prise de contrôle de Tel Abyad, l’organisation terroriste a mis en place sa politique de nettoyage ethnique dans la région en obligeant les Arabes et les Turkmènes à fuir.
Les terroristes présents à Afrin ont ensuite pris le contrôle de Tel Rifat. Le groupe terroriste attaque régulièrement les civils et les groupes d’opposition à Azez, voisin d’Afrin.
De nombreux civils ont perdu la vie ces derniers mois à cause des tirs effectués depuis le Mont Afrin.
Selon l’opposition syrienne, si les soldats turcs quittent la région, le PYD/PKK avancera depuis Afrin pour prendre le contrôle de la zone du Bouclier de l’Euphrate. Ainsi, toutes les régions contrôlées par le PYD/PKK seront totalement liées.
Menace pour la zone de désescalade d’Idlib :
Idlib se dresse sur le chemin qui pourrait mener le PYD/PKK à la Méditerranée.
Le secteur est sous le contrôle des forces d’opposition. Grâce aux efforts de la Turquie lors des pourparlers d’Astana, Idlib a été choisie pour accueillir une « zone de désescalade », ce qui contrecarre les plans de l’organisation terroriste.
Mais les attaques des forces du régime et de ses alliés iranien et russe contre les groupes d’opposition à Idlib, donne un nouvel espoir au PYD/PKK.
Face à cela, la Turquie a installé des points de contrôles au sud d’Afrin.
Ces positions turques sont régulièrement ciblées par les terroristes du PYD/PKK.
En cas d’échec de la zone de désescalade à Idlib, le PYD/PKK pourrait essayer à nouveau d’atteindre la Méditerranée.
C’est pour assurer la protection des points de contrôles et du succès de la zone de désescalade que la Turquie planifie d’intervenir à Afrin.
Les civils pourront rentrer chez eux :
Une autre conséquence attendue de l’opération turque à Afrin, c’est d’ouvrir la voie au retour des civils qui avaient fui Tel Rifat.
Près de 50 mille arabes avaient fui Tel Rifat pour rejoindre Azez après l’invasion de la ville par l’organisation terroriste.
Briser le point faible du plan américain :
En annonçant le projet de création d’une « armée frontalière » en Syrie avec le PYD/PKK, les Etats-Unis ont ainsi reconnu vouloir préserver les territoires occupés par le PYD/PKK.
Si le plan américain abouti et que les affrontements prennent fin, le PYD/PKK sera dans une position forte et avantageuse pour prétendre à une position importante dans la gouvernance de la Syrie.
Dans ce contexte, la Turquie veut intervenir à Afrin, région où les soldats américains sont le moins présents au milieu des terroristes du PYD/PKK.