AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
''Il faut éviter toute intervention étrangère en Libye, surtout à travers une opération militaire, livraison d'armes ou frappes aériennes'', a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.
Cavusoglu a commenté vendredi la récente reprise des hostilités en Libye entre les milices, ainsi que l'attentat contre le siège du journal satirique Charlie Hebdo à Paris, ayant fait douze victimes. Le ministre s'est exprimé en marge de la 7e conférence des ambassadeurs de Turquie à travers le monde réunis à Ankara depuis le début de la semaine.
Soulignant le besoin urgent d'instaurer une trêve en Libye, Cavusoglu a indiqué qu'il ne faudra négliger "ni l'invalidation des dernières élections par la Cour constitutionnelle libyenne ni les réalités sur le terrain".
La trêve doit être suivie de négociations, selon le chef de la diplomatie turque. Il a proposé à cet égard des pourparlers qui devront englober toutes les parties en Libye, ''comme en Irak''. "Les gouvernements d'exclusion ne fonctionneront plus en Libye", a-t-il affirmé.
''Nous pouvons empêcher que la Libye devienne une nouvelle Syrie'', a insisté Cavusoglu.
La Libye est en proie, depuis des mois, à une profonde crise politique entre deux courants idéologiquement opposés, en l’occurrence le courant libéral et celui d'obédience islamique.
Une crise qui a fini par déboucher sur une bipolarité gouvernementale véhiculée par deux parlements: le Congrès Général National (ancien parlement qui a repris ses séances tout récemment) et le parlement de Tobrouk (récemment dissous par la cour constitutionnelle suprême).
D'autre part, abordant l'attaque meurtrière contre le siège du journal satirique Charlie Hebdo mercredi à Paris, Cavusoglu a réitéré la condamnation de la part de Turquie de ''tout type de terrorisme''.
''Le dernier attentat à Paris a démontré qu'il n'est plus possible de prévoir quand et où auront lieu des attaques terroristes'', a fait remarquer le ministre turc.
Les assaillants, toujours recherchés par la police française, avaient fait interruption dans le siège du journal mercredi et tué 12 personnes, dont quatre dessinateurs et deux policiers.