AA - Ankara - Nur Gülsoy
La Turquie peut être un médiateur important au Yémen, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.
Interviewé par la chaîne de télévision turque TV Net, lundi, le chef de la diplomatie turque a commenté l'actualité dont la situation au Yémen, et l'accord nucléaire conclu avec l'Iran.
Selon Cavusoglu, une approche confessionnelle entraînera le Yémen dans une catastrophe.
"Nous devons résoudre le problème sans aucune condition, en respectant l'intégrité territoriale du Yémen, a-t-il affirmé. La Turquie peut ici jour un rôle important, elle peut aussi faire de la médiation. Si toutes les parties sont en faveur de négocier, la Turquie contribuera comme toujours."
Une opération militaire baptisée "Tempête de fermeté" et menée par l'Arabie saoudite avec l'appui de plusieurs pays du Golfe, a démarré en fin mars au Yémen contre le groupe des Houthis, en réponse à la demande du "gouvernement légitime" au Yémen.
Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi avait envoyé une lettre au Conseil de sécurité des Nations Unies et aux pays arabes, pour qu'ils entreprennent une intervention militaire au Yémen.
Le pays est en proie au chaos depuis septembre 2014, lorsque des forces pro-Houthies se sont emparées de Sanaa et ont, depuis, cherché à étendre leur emprise à d'autres régions du Yémen.
- Accord nucléaire avec l'Iran
Cavusoglu a aussi commenté les conséquences éventuelles de l'accord conclu la semaine dernière entre le groupe P5+1 (les cinq membres permanent du Conseil de sécurité: Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, plus l'Allemagne) et l'Iran, sur l'activité nucléaire de ce dernier.
Rappelant que le président turc Recep Tayyip Erdogan rendra visite en Iran pour participer au 2ème Conseil de coopération stratégique de haut niveau Turquie-Iran, le ministre turc a dit: "certains sujets n'ont pas atteint le niveau que nous souhaitons, à cause de l'embargo. Nous discuterons des éventuelles opportunités en cas d'assouplissement de l'embargo sur l'Iran. Nous coopérons dans le secteur bancaire et aussi dans les sujets régionaux. Nous ne laisserons pas de côté les questions syrienne, yéménite, irakienne et régionale. Nous pourrons aussi discuter de la tension entre l'Iran et les pays arabes".
"La levée de chaque embargo signifie l'ouverture de l'économie iranienne, a poursuivi Mevlut Cavusoglu. L'Iran a un volume commercial important avec les pays arabes actuellement. Cela signifie que les embargos ne sont pas mis en oeuvre correctement. L'ouverture de l'Iran à l'économie mondiale aura des impacts sur les marchés et les prix pétroliers mais la résolution des problèmes entre l'Iran et l'Occident importe beaucoup à la stabilité et la sécurité de la région, ainsi que la baisse de la tension. C'est pourquoi nous soutenons le processus depuis le début."