Nadia Chahed
14 Septembre 2017•Mise à jour: 14 Septembre 2017
AA/Desk
L'organisation non gouvernementale "Amnesty international" a dénoncé jeudi la hausse de la répression des libertés au Tchad.
"Les défenseurs des droits humains, les membres de mouvements citoyens, les syndicalistes et les journalistes qui critiquent le régime sont de plus en plus menacés, les autorités utilisant des lois répressives et les services de renseignement pour museler les dissidents et entraver leurs activités", révèle Amnesty International dans un communiqué publié jeudi sur son site.
" Plutôt de que de reconnaître l’importance et l’entière légitimité du travail des militants qui luttent courageusement contre l’injustice et mènent des actions pacifiques pour améliorer les droits humains, les autorités tchadiennes sont particulièrement promptes à instaurer des lois et des règlements qui suppriment le droit de manifester, à placer les militants sous surveillance et à leur faire subir harcèlement, menaces et agressions physiques", a déploré Alioune Tine, directeur du programme Afrique de l’Ouest et Afrique centrale d'(AI) cité par la même source.
Selon Tine, "les forces de sécurité et les services de renseignement conduisent une répression brutale, qui expose les personnes critiquant le régime à un danger grandissant depuis deux ans et menace désormais de faire retomber le pays dans une période sombre".
L'ONG indique, en outre que "depuis le début de 2016, en prévision de l’élection présidentielle d’avril, les autorités avaient redoublé d’efforts en matière de répression des droits humains. Les manifestations pacifiques ont été systématiquement interdites".
Rien qu’en 2016, Amnesty International a dénombré au moins 13 décrets ministériels interdisant des manifestations pacifiques. Plus de 65 associations ont informé l’organisation qu’il leur avait été refusé d’organiser une manifestation entre 2014 et 2016, rapporte encore le communiqué.
L'ONG énumère, dans ce même ordre d'idées, des cas d'activistes de la société civile et d'acteurs de la presse qui ont subi cette répression, à l'instar du militant en ligne Tadjadine Mahamat Babouri, mieux connu sous le nom de Mahadine, détenu depuis le 30 septembre 2016 parce qu’il a diffusé sur Facebook plusieurs vidéos dénonçant la mauvaise gestion des fonds publics.
Les journalistes aussi paient cher le simple fait d’exercer leurs activités, note AI, rappelant que le 20 juin 2017, Sylver Beindé Bassandé, journaliste et rédacteur de la radio communautaire Al Nada FM, à Moundou, a été condamné à deux ans d’emprisonnement et une amende de 150 euros pour complicité d’outrage à magistrat et atteinte à l’autorité judiciaire.
L'Organisation appelle enfin les autorités à "modifier les lois restrictives qui encadrent les rassemblements publics, les associations et le droit de grève, à réformer l’ANS et à libérer tous les prisonniers d’opinion immédiatement et sans condition".
Les autorités tchadiennes n'ont encore fait aucune réaction sur le rapport d'Amnesty.