Lassaad Ben Ahmed
19 Décembre 2017•Mise à jour: 19 Décembre 2017
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Au moins 16 personnes ont été tuées dans la semaine du 11 au 17 décembre, selon un nouveau rapport de la Ligue burundaise des droits de l’homme, Iteka, rendu public mardi et dont Anadolu a reçu une copie.
La même source affirme avoir répertorié sept cadavres découverts dans différents endroits du pays, quatre cas de disparitions forcées, un cas de torture, ainsi que 23 arrestations arbitraires.
L'Iteka indique que depuis 10 décembre 2015 jusqu’au 17 décembre 2017, au moins 471 cas de disparitions forcées ont été inventoriés. «Ce qui est très inquiétant, c’est qu’aucune enquête n’a été diligentée pour identifier les mobiles et les auteurs de ces crimes», déplore cette organisation, affiliée à la Fédération Internationale des droits de l’Homme (FIDH).
S’exprimant sur l’identité des auteurs, elle indexe les jeunes affiliés au parti présidentiel (Imbonerakure= ceux qui voient de loin), des agents du service national de renseignement (SNR), certains policiers et militaires.
Les victimes sont principalement des présumés opposants au 3ème mandat du président Nkurunziza, ajoute-t-elle, relevant également des actes d’intimidation à l’endroit des membres des partis d’opposition, des journalistes et des défenseurs des droits humains.
Bujumbura n’a pas encore réagi à ce nouveau rapport.
Le Burundi est en proie à une grave crise politique et sécuritaire depuis la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile, il y a plus de deux ans.
Les violences ayant suivi cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR), publié le 11 décembre 2017.
Et malgré les contestations des opposants, et après l’échec du 4ème round du dialogue inter-burundais d’Arusha, il y a deux semaines, Pierre Nkurunziza a opté pour un forcing et a déjà lancé une campagne de révision de la constitution.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé, pour sa part, que le référendum aura lieu au mois de mai 2018.