Mohamed Hedi Abidellaoui
23 Février 2017•Mise à jour: 24 Février 2017
AA/ Niamey/ Illa Kané
Au moins, dix militaires nigériens, dont un officier, ont été tués et plusieurs autres blessés dans une attaque survenue mercredi dans la localité de Tiliwa (région de Tillabéry), près de la frontière avec le Mali, a appris, jeudi, Anadolu de sources sécuritaires nigériennes.
«C’est un détachement parti en patrouille de reconnaissance qui a été attaqué par des hommes armés, probablement du Mouvement uni pour le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Pour l’heure, on déplore la mort d’une dizaine de nos militaires et plusieurs autres ont été blessés», a déclaré à Anadolu une source sécuritaire, sous couvert d’anonymat.
Une autre source sécuritaire, exigeant également l'anonymat, a affirmé que sept des onze véhicules de l’armée nigérienne ont été emportés par les assaillants qui auraient détruit les quatre autres. A 11h00 GMT, jeudi, aucune déclaration n’a été faite par le gouvernement nigérien par rapport à cette attaque.
Le 8 novembre dernier, une autre attaque attribuée aux mêmes éléments du MUJAO avait eu lieu dans la même zone frontalière entre le Niger et le Mali. Elle avait visé le poste militaire de la localité de Banibangou et coûté la vie à au moins cinq soldats nigériens.
En plus de celle sur sa frontière avec le Mali, le Niger fait aussi face à une autre insécurité grandissante dans sa partie sud-est, notamment dans la région de Diffa victime, depuis 2015, des attaques répétées de Boko Haram.
Dans son rapport 2016 publié mercredi et dont Anadolu a eu copie, l’Association internationale de défense des droits de l’Homme Amnesty International a fait cas de «violations des droits de l’Homme» en rapport avec les attaques de Boko Haram. «Plus de 300.000 personnes avaient besoin d’aide humanitaire en raison de ce conflit (les attaques de Boko Haram, Ndlr) et du maintien de l’état d’urgence dans la région de Diffa».
Dans la même perspective, l’ONG déplore : « Plus de 1 400 personnes soupçonnées d’appartenir à Boko Haram étaient en prison. La plupart étaient placées en détention provisoire pendant de longues périodes, dans de mauvaises conditions, et risquaient d’être torturées».
La même ONG a indiqué que «le centre de détention de Koutoukalé (la principale prison de haute de sécurité située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Niamey, Ndlr) a accueilli plus du double de sa capacité de 250 détenus, dont 400 membres présumés de Boko Haram».
Amnesty International s’est aussi inquiétée des «disparitions forcées» de huit autres personnes arrêtées par les forces de sécurité nigériennes au mois de mai 2015. Les intéressés ont été arrêtés à N’Guigmi, dans la région de Diffa. « Les demandes des familles, qui voulaient savoir où se trouvaient leurs proches, sont restées sans réponse», a soutenu l’ONG.
Le gouvernement nigérien n’a pas encore réagi à ce rapport d’Amnesty International.