AA/ Moroni/ Abouhariat Said Abdallah
Plus de cinq cent Comoriens qui ont manifesté mardi à Moroni, ont appelé le gouvernement à fixer un Smig, afin de lutter contre la précarité, a rapporté une correspondante de Anadolu.
Initiée par la Confédération des travailleurs comoriens (CTC), cette manifestation a été marquée par des voix dénonçant le cumul des arriérés de salaires et l’irrégularité de la fourniture de l’eau et de l’électricité.
« Alors que sont cumulés deux mois d’arriérés de salaires, le gouvernement continue à voyager, au détriment de la population », a déclaré à Anadolu un manifestant, sous couvert d’anonymat.
Sur la même lancée, il a dénoncé l’absence du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) aux Comores : « il n’y a pas de Smig et le salaire d’un fonctionnaire comorien titulaire d’un bac plus deux commence à 70 000 francs comoriens (près de 200 usd) ».
Sur les banderoles brandies par les manifestants, on pouvait lire : « Ikimadou, payez les deux mois d’arriérés au lieu de voyager sans arrêt ». « Ikimadou » est une expression utilisée par les Comoriens pour désigner le président Ikililou Dhoinine et le vice-président en charge des finances, Mohamed Ali Soilih, alias Mamadou.
« Indignez-vous et signez la pétition pour une fourniture régulière de l'électricité et de l'eau », lisait-on sur une autre banderole.
Salim soulaiman secrétaire général de la CTC, lui, a affirmé que l’irrégularité du versement des salaires constitue depuis quelques années un souci pesant.
« Ces derniers mois, les arriérés s’accumulent. Pourtant, les recettes fiscales peuvent suffire pour payer les salariés », a-t-il affirmé.
Avec un produit intérieur brut (PIB) estimé à 540 millions de dollars en 2010, selon les dernières fiches pays de la Banque Mondiale, le revenu national brut par habitant aux Comores tourne autour de 750 dollars. Près de 45 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, mais l’incidence de la pauvreté varie considérablement d’une île à une autre : elle est généralement plus élevée dans les zones rurales et à Anjouan (île située dans l'océan indien). En 2011, les Comores se situaient au 163e rang (sur 187) du classement de l’indice de développement humain des Nations Unies.