AA / Paris / Ümit Dönmez
La droite française a exprimé sa satisfaction, la gauche et les syndicats leur colère, alors que la première ministre, Élisabeth Borne, a dévoilé, ce mardi, les principaux points de sa réforme des retraites.
Le chef de file de La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a qualifié de "grave régression sociale" la réforme des retraites présentée par la Première ministre Elisabeth Borne.
"Report de l'âge de départ. Augmentation des annuités. Suppression des régimes spéciaux avantageux. La réforme #Macron #Borne, c'est une grave régression sociale", a-t-il dénoncé sur Twitter, alors que son parti est associé à une "Marche pour les retraites", qui aura lieu le 21 janvier.
Pour sa part, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a estimé que le gouvernement a "raison d'avoir peur".
"Retraite à 64 ans, disparition des régimes spéciaux, "index" non contraignant pour l'emploi des seniors, flou artistique sur la pénibilité... Ce n'est pas une allocution, c'est une déclaration de guerre sociale", a-t-elle déclaré, sur les réseaux sociaux.
Pour sa part, Clémence Guetté, la députée LFI du Val-de-Marne, et responsable du programme « l'Avenir en commun » a qualifié le projet de réforme d'Élisabeth Borne de "sentence" et de "peine lourde pour les Français".
"Ils devront travailler deux années supplémentaires, jusqu'à 64 ans. Double peine pour les carrières longues et pénibles, pour les femmes", a-t-elle ajouté sur Twitter.
Même son de cloche, du côté des syndicats.
Réunis, ce mardi après-midi, à la Bourse du travail à Paris, les patrons des huit grands syndicats français (CGT, CFDT, FO, CFTC, Solidaires, CFE-CGC, Unsa, FSU) s'apprêtent à annoncer une première journée de manifestations et de grèves le 19 ou le 24 janvier, pour contester ce projet de loi de réforme des retraites.
"Même avec des mesures positives sur les carrières longues ou la pénibilité [...] il n'y aura pas de deal avec la CFDT", a indiqué le secrétaire général du syndicat, Laurent Berger.
Du côté du Rassemblement national (RN), la présidente du parti d'extrême droite, Marine Le Pen, a exprimé sa "détermination pour faire barrage" à la réforme "injuste" des retraites.
"Après avoir été élu grâce à la gauche et à la France insoumise, Emmanuel Macron va tenter désormais, avec le soutien de LR, de faire passer la retraite à 64 ans", a-t-elle dénoncé sur Twitter.
Pour sa part, la droite française s'est déclarée "satisfaite d'avoir été entendue" par la cheffe du gouvernement, notamment sur le rythme de report de l'âge de départ à la retraite et la revalorisation des petites pensions.
"Nous prenons acte que la Première ministre a entendu un certain nombre de demandes, la première et la plus importante est que le rythme ne soit pas brutal", a déclaré, Olivier Marleix, le président du groupe Les Républicains (LR) à l'Assemblée nationale.
Il a ajouté que son groupe parlementaire présenterait un amendement pour "une vraie clause de revoyure" une fois l'âge de départ porté à 63 ans et avant de "poursuivre le cas échéant à 64 ans", tentant de marquer une certaine différence avec le gouvernement.
La Première ministre française, Élisabeth Borne, a présenté, ce mardi, les contours de la réforme des retraites, qui doit entrer en vigueur dès l'automne 2023.
L'âge légal de départ à la retraite passera à 64 ans, contre 62 ans actuellement, au rythme de trois mois de plus par an, a annoncé la cheffe du gouvernement, dans un discours prononcé à Matignon.