AA/Bagdad/Moaïed Tarfi- Aaref Youssef
Le ministre libanais des Affaires étrangères a estimé lundi que son pays et l’Irak affrontent les mêmes dangers, a mis en garde contre le vide que connaitront les zones actuellement sous contrôle de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et a appelé l'Irak à former rapidement un gouvernement.
« Avec l’Irak, nous affrontons les mêmes dangers et nous avons les mêmes atouts et richesses. Le Liban compte 18 communautés confessionnelles, l’Irak aussi est multiconfessionnel » a déclaré lundi le ministre libanais, Jebran Bassil, lors d'une conférence de presse commune avec le ministre irakien des Affaires étrangères par intérim, Hacine al-Shahrastani. Bassil a appelé l’Irak à se hâter à former son gouvernement.
Affirmant que « l’EIIL sera battu en Irak » le ministre libanais a mis en garde contre «l’après EIIL» recommandant de se préparer à «remplir le vide sécuritaire que l’EIIL laissera dans les zones qu'il contrôle actuellement »
« On ne peut admettre l’appel à accueillir encor plus de déplacés, nous disons à ces personnes : restez chez vous et notre devoir à nous, est de vous fournir les conditions pour pouvoir y rester » a souligné Bassil.
Il a également exprimé son inquiétude de voir la religion chrétienne disparaitre en Irak rappelant que le pays comptait 2.5millions de Chrétiens il y a vingt ans,et seuls 500 mille y sont demeurés.
Le diplomate libanais a précisé à ce propos la nécessité pour l’Irak de préserver toutes ses composantes et son unité estimant que la division de l’Irak conduirait à la division de toute la région.
Durant la même conférence de presse, le chef de la diplomatie irakienne par intérim a de son côté, déclaré que la visite de son homologue libanais est un signe de solidarité du Liban envers l’Irak, son gouvernement et son peuple, soulignant par ailleurs, que le terrorisme menace toute la région et que la concertation et la coordination sont indispensables pour en venir à bout.
« Nous avons parlé des grands nombres de déplacés surtout parmi les minorités dans les régions du nord, et nous insistons sur la nécessité de s’opposer à cette campagne tekfirie qui n’admet pas l’existence de l’autre » a dit le ministre irakien par intérim ajoutant : « nous allons mobiliser la communauté internationale pour venir en aide aux déplacés tout en recommandant à tous de ne pas quitter leur pays car l’Irak sera diminué sans eux »
Depuis le 10 juin dernier, des groupes armés conduits par l'organisation de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), désormais connue sous le nom de "l'Etat Islamique", s’étaient emparés de la ville de Mossoul dans la province irakienne de Ninive, après le retrait de l’armée. Le même scénario s’était reproduit dans plusieurs provinces, notamment, à Diyala et à Salaheddine.
Ces avancées de l’EIIL ont causé le départ de plus de 1.25 million personnes de leurs lieux de vie vers les provinces du district du Nord de l’Irak.