İlhan Toprak,Tuncay Çakmak
08 Février 2017•Mise à jour: 09 Février 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé qu’il serait le premier, avec le peuple, à se mettre devant ceux qui voudraient abandonner la République en Turquie.
Le président turc s’exprimait, mercredi, lors d’une rencontre avec des maires de quartiers et de villages, venus de l’ensemble du pays.
Il s’est longuement exprimé sur l’amendement constitutionnel qui sera soumis au vote des citoyens turcs lors d’un référendum qui devrait se dérouler en avril prochain.
Il a surtout souhaité répondre aux détracteurs qui affirment que cette réforme de la constitution va modifier le régime en Turquie.
"En 1923, la Turquie a fait le choix de devenir une république, depuis cette date le peuple ne se pose plus de question sur le régime dans notre pays. Ceux qui parlent de changement de régime, surtout le leader du principal parti d’opposition (Kemal Kilicdaroglu, Parti Républicain du Peuple CHP), cherchent à troubler les esprits. Il n’y a rien de tel", a-t-il d’abord rappelé.
"Ceux qui chercheraient à faire marche arrière et à abandonner la République, seront d'abord confrontés à notre peuple et à moi-même", a-t-il lancé.
Le chef de l'état a ensuite rappelé que le système de gouvernance en Turquie a commencé à être changé en 2007, après le référendum qui a permis au président de la république d’être élu par les citoyens au suffrage universel direct.
"Le parlement a fait son devoir, il a étudié l’amendement constitutionnel et il l’a adopté. En tant que président de la république, dès que j’aurais fini d’étudier chacun des points de la réforme, je la signerais pour la soumettre au vote de notre peuple. La parole est à notre peuple", a-t-il encore dit.
"Lors du référendum de 2007, notre peuple a dit OUI à 69% à une gouvernance présidentielle. Dix ans plus tard, je suis convaincu qu'il va entériner ce changement en disant OUI une nouvelle fois au référendum sur l'amendement constitutionnel d'avril prochain", a-t-il expliqué.
Pour autant, Recep Tayyip Erdogan a estimé que cet amendement constitutionnel n’est toujours pas suffisant.
"Comme la réforme de 2007, cette nouvelle réforme est incomplète. En réalité, l’idéal serait que nos 80 millions de concitoyens réfléchissent et rédigent ensemble une nouvelle Constitution », a-t-il commenté.
Le président turc a ensuite critiqué ceux qui s’opposent à cet amendement constitutionnel.
"Depuis des dizaines d’années en Turquie, il existe un bloc des défenseurs du NON", a-t-il affirmé.
"Ils ont essayé d’empêcher à tout prix la construction du premier pont sur le Bosphore. Ils se sont opposés aux privatisations, aux investissements pour enrichir et développer notre pays. Aujourd’hui, nous confions la gestion des grands travaux aux entreprises privées pour 15 ans par exemple, en contrepartie l’Etat ne dépense pas un sou, mais ces personnes s’opposent toujours", a-t-il critiqué.
Selon Erdogan, ces milieux cherchent à manipuler l’opinion publique en avançant des choses totalement fausses.
"Le pays et le peuple n’ont jamais été la préoccupation de ces personnes. Sur ce sujet, ils n’ont aucun argument à faire valoir, dans ce cas ils s’accrochent à des mensonges", a-t-il encore dénoncé.