AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Le Nigéria est revenu sur ses propos relatif à l'accord de cessez-le-feu qui avait été conclu avec le groupe armé extrémiste Boko Haram, en déclarant que les pourparlers étaient encore en cours avec l’organisation terroriste dans l’espoir d’une entente prochaine.
« Le conseiller à la sécurité nationale a déclaré que des contacts de haut niveau avec la République du Tchad ont été effectués et que quelques personnes, agissant au nom de Boko Haram et affirmant avoir de l’autorité sur eux, ont également tenu des discussions avec eux et que des responsables nigérians se trouvent avec eux » a déclaré le gouverneur de l’État d'Akwa Ibom, Godswill Akpabio, à des journalistes après une réunion du Conseil de l’Etat, mardi soir.
« Bien-sûr, aucun accord n’a encore été atteint pour le moment. C’est juste que la presse a probablement mal compris ce qui a été rapporté ; les discussions sont en cours » a ajouté Akpabio.
Le gouverneur d’Akwa Ibom s’est exprimé au nom du Conseil qui comprend notamment le Président, les gouverneurs des Etats nigérians, de hauts chefs de la sécurité et plusieurs hauts responsables gouvernementaux.
Le gouverneur a ajouté que le Conseil était satisfait des explications du conseiller à la sécurité nationale et des efforts du gouvernement pour mettre fin à l’insurrection et restaurer la paix dans la région troublée du nord-est.
« Nous devons trouver des moyens tactiques pour mettre fin à cette insurrection afin que les Nigérians puissent dormir tranquilles. Nous attendons le jour où les véritables membres de Boko Haram sortiront et auront un dialogue direct avec les Nigérians afin que la paix retourne dans la région du nord-est » a soutenu Akpabio lors du point de presse.
Ce démenti de l'existence d'un accord contredit clairement des précédentes déclarations de plusieurs responsables gouvernementaux nigérians, dont certains de l’armée qui avaient formellement demandé à leurs soldats d’arrêter les offensives contre Boko Haram en vertu du prétendu nouvel accord de cessez-le-feu.
Le mois dernier, le porte-parole du Centre d’information national de lutte contre le terrorisme du Nigéria, Mike Omeri, avait déclaré que le pays avait conclu un «cessez-le-feu» avec le groupe armé, à travers un accord négocié par le Tchad.
Omeri avait soutenu que l’accord stipulait la libération de plus de 200 lycéennes enlevées, en avril dernier, dans la ville de Chibok.
Deux jours plus tard, le Chef d’Etat-Major de la Défense nigériane, Alex Badeh, avait émis des directives aux soldats déployés au sol, les sommant d’arrêter les opérations militaires en accord avec ce nouveau développement.
Des attaques répétées, des enlèvements et d’autres violences suspectées d’avoir été perpétrées par Boko Haram, avaient cependant émaillé la période qui a suivi l’annonce de l’accord, suscitant les doutes de toute la population.
La semaine dernière, un homme se présentant comme le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, est apparu dans une vidéo pour démentir tout accord avec le gouvernement et affirmer que les lycéennes ne seront pas libérées.