AA - Davos - Nur Gülsoy
L'Organisation des Nations Unies (ONU) doit être réformée et représenter tous les pays du monde, selon le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
Le chef du gouvernement turc est à Davos pour participer au Forum économique mondial et où il a eu une rencontre avec des représentants des milieux d'affaires.
"L'ONU doit être réformée, a-t-il déclaré. Le Conseil de sécurité de l'ONU se doit d'assurer l'ordre dans le monde. De ce fait, il doit avoir un caractère fédérateur et représenter tous les pays. Le Conseil de sécurité est chargé d'aborder les sujets sécuritaires, et est composé de cinq membres permanents. La sécurité est un sujet qui préoccupe le monde et toute l'humanité. Mais seuls cinq pays peuvent prendre des décisions au sein de l'ONU, en ce qui concerne la sécurité et les mécanismes de défense."
Davutoglu a fait remarquer que l'ONU n'a pas su résoudre la crise après les événements survenus en Syrie.
"Elle (l'ONU) ne les a toujours pas résolus, a poursuivi le Premier ministre turc. Car la mentalité de la Guerre froide perdure. Parmi les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, deux Etats défendent une idée, trois en défendent une autre. Un pays utilise son droit de veto pour la Palestine. La Chine et la Russie l'utilisent pour la Syrie. Or en réalité, ce ne sont pas ces deux pays qui sont touchés par les conséquences du veto, mais la Turquie, le Liban, la Jordanie et l'Irak, à savoir les pays voisins [de la Syrie]. Et nous n'avons pas la parole au Conseil de sécurité. De ce fait, l'ONU doit être réformée et tous les pays affectés par un sujet précis, doivent prendre part dans le processus."
Ahmet Davutoglu a souligné que le problème n'est pas uniquement la Syrie, mais l'Afrique aussi. Le continent africain est aussi touché par le terrorisme mais aucun pays africain ne figure parmi les P5, selon le Premier ministre turc.
Par ailleurs, le Premier ministre turc a commenté la détention de certains journalistes en Turquie, assurant qu'ils ne sont pas détenus pour leur activité journalistique mais pour d'autres délits et crimes.
"Ceux qui affirment que des journalistes sont détenus en Turquie, je les prie de venir nous donner leur nom, a-t-il dit. Ce sont des cas criminels. Je respecte la demande faite pour leur libération. Mais cette demande démontre qu'on ne comprend pas la suprématie du droit. Un Premier ministre n'a pas le droit de maintenir en détention ou de libérer un détenu. Je ne peux pas le faire. Ce sont les tribunaux qui en décident. La Turquie est un pays démocratique. La démocratie en Turquie est conforme aux normes européennes."
Ahmet Davutoglu a aussi appelé les pays de l'Union européenne (UE) à agir avec sérieux, surtout dans le domaine énergétique, et à ouvrir le 16ème chapitre sur l'énergie dans le dossier de l'intégration de la Turquie à l'Union Européenne.
"Auparavant, j'étaits ministre des Affaires étrangères, je suis aujourd'hui Premier ministre, a-t-il rappelé. J'ai toujours insisté sur le fait que l'adhésion à l'UE est notre objectif stratégique. Quoi que fassent les dirigeants européens, nous poursuivrons notre objectif. La Turquie est aujourd'hui prête à ouvrir les 27 chapitres. Si l'ensemble de ces chapitres sont ouverts sans obstacles politiques, nous en achèverions facilement 15 au moins. Je vous assure, s'il n'y a pas d'obstacles politiques, la Turquie achèverait son processus d'adhésion (à l'Union) dans deux ans. Mais nous ne pouvons pas progresser à cause de certains blocages et de la question chypriote. L'adhésion à l'UE est un processus technique. C'est la bonne volonté qui importe le plus."