AA/Istanbul (Turquie)
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a critiqué, samedi, l’Union européenne (UE) pour sa position concernant l’enquête menée actuellement sur des responsables de la police et des médias, en Turquie, appelant l’UE à respecter la justice turque.
« Ils disent que les personnes arrêtées sont des journalistes. Est-ce que les journalistes ne commettent pas de crimes ? » a interrogé Erdogan.
« [L’UE] a publié une déclaration pendant un jour férié. Comme ils peuvent être sensibles concernant ce pays ! » s’est exclamé le président turc.
S’exprimant lors de l’Assemblée générale du Conseil turc des relations économiques internationales (DEIK), à Istanbul, le chef d’Etat turc a déclaré, concernant les dirigeants de l’Union européenne et du reste du monde : « Que vous l’aimiez ou pas, vous respectez les décisions de la Justice turque et l’Etat de droit ».
« Ils sont restés silencieux concernant les pires allégations de torture de l’Histoire. Nous avons observé les évènements à Guantanamo [….] Si tout ça était arrivé en Turquie, serait-ils restés silencieux comme ça ? » a objecté Erdogan.
« Israël a tué seize journalistes cette année. Pourquoi êtes-vous restés silencieux ? […] En Egypte, des dizaines de journalistes, dont des Turcs, ont été arrêtés et placés en détention. Pourquoi n’avez-vous rien dit ? » a ajouté le président turc.
« Lorsque cinquante journalistes ont été interrogés en rapport avec le scandale du piratage téléphonique au Royaume-Uni, pourquoi n’avez-vous pas dit ‘la presse est muselée’ ? » a poursuivi le président turc.
Se remémorant une incendie criminel, l’année dernière, contre la maison de ressortissants turcs, à Sindelfingen, en Allemagne, Erdogan a souligné: « Il n’y a toujours pas de responsables. Pouvez-vous répondre à cela ? De quelle justice parlez-vous alors ? ».
La Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-Présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, et le Commissaire européen à l'élargissement et à la politique de voisinage, Johannes Hahn, ont récemment déclaré que l’enquête turque actuelle et les arrestations de responsables de la police et des médias allaient « à l’encontre des valeurs européennes et de la démocratie ».
Une opération policière a été lancée, dimanche, contre de hauts responsables des médias et des officiers de police dans treize provinces à travers la Turquie, suspectés d’être affiliés avec , ce que le gouvernement turc qualifie « organisation parallèle ».
Quatre personnes, dont le président d’une chaîne de télévision turque, ont été arrêtées.