AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le corps du bébé Aylan que la mer a rejeté sur une plage turque, est un avertissement pour nous tous, a mis en garde le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, en s'adressant à la Conférence du B20, tenue vendredi à Ankara.
Le B20 du monde des affaires est l'un des groupes d'interaction créés en marge des discussions officielles, pour que les travaux dans le cadre du G20 avancent plus rapidement, tout comme le W20 des femmes, le L20 des syndicats, le T20 des think tanks, le Y20 des jeunes, et le C20 des organisations de la société civile.
La province méditerranéenne turque, Antalya accueillera les 15 et 16 novembre prochain, le sommet du G20, sous la présidence de la Turquie.
"Je suis certain que vous avez tous vu l'image du corps du bébé syrien Aylan, a affirmé Davutoglu. Ce corps est un avertissement pour nous tous. Si les enfants syriens ne sont pas en sécurité chez eux, nos enfants ne le seront pas, non plus, à Ankara, Paris, Londres ou New York."
La Turquie accueille des millions de Syriens sans leur demander leur religion, leur race ou leur confession: "Ils sont tous arrivés en Turquie qui est un havre, tout comme les juifs au 15ème siècle. Quels que soient les risques qui nous entourent, nous ouvrirons nos portes à ces gens qui fuient un régime d'oppression."
Davutoglu a appelé tous les dirigeants du monde, les intellectuels, les milieux d'affaires et ceux qui passent leur vacances en toute sécurité, de penser aux réfugiés, et "pas seulement aux Syriens, mais à ceux en provenance de l'Afrique et d'autres pays."
Le chef du gouvernement turc a rappelé que, depuis quatre ans, la Turquie essaie de convaincre les autres dirigeants de la nécessité de mettre en place une zone sécurisée à l'intérieur de la Syrie.
"Peut-être qu'ils ont cru que nous pensions à notre sécurité nationale, a poursuivi Davutoglu. Non, la Turquie est capable de protéger ses frontières. Tout le monde a bien vu que nous sanctionnons Daech, le PKK et toutes les organisations terroristes. Nous pouvons lutter contre tous ceux qui ont de mauvaises intentions contre la Turquie. Mais qui va protéger le peuple syrien? Nous avertissons depuis quatre ans. Il est temps d'agir ensemble."