İlkay Guder,Ayvaz Çolakoğlu
01 Juin 2017•Mise à jour: 02 Juin 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"Ceux qui s'attendent à ce que l'on se contente de regarder tandis qu'un Etat terroriste se forme le long de nos frontières, nous connaissent bien mal" a martelé le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan a prononcé un discours à l'issue d'une réunion avec les maires de quartier qui s'est déroulée jeudi à Ankara.
Il a d'abord fait référence aux différentes procédures judiciaires qui visent les membres de l'organisation terroriste FETO, responsable de la tentative de coup d'état du 15 juillet dernier en Turquie, indiquant que les suspects jouent aux trois singes face aux juges, "rien vu, rien entendu, rien dit".
"Tu attaques ce peuple avec des F16, des hélicoptères, des armes modernes et après tu dis, "je n'ai rien vu, rien entendu, rien fait". Qui trompes tu ? Tous les documents et les images sont là" a-t-il lancé.
Lors des deux dernières années, 10 000 terroristes du PKK ont été neutralisés dans les différentes opérations de l'armée turque à l'intérieur comme à l'extérieur du territoire nationale a rappelé Erdogan, insistant sur le fait qu'avec l'élimination des traitres infiltrés dans l'appareil de l'Etat, "la lutte gagne en intensité".
"Je l'exprime très clairement, s'il n'y avait pas de soutiens extérieurs, la Turquie a les moyens, la capacité et la détermination nécessaires pour mettre fin aux activités de l'organisation terroriste PKK et des autres organisations terroristes, avant la fin de l'année. Un jour viendra où ces soutiens cesseront" a-t-il relevé.
Le Chef de l'Etat a souligné qu'il était impossible de mener à bien la lutte contre le terrorisme en restant cloisonné à l'intérieur des frontières de la Turquie, faisant référence à l'Opération bouclier de l'Euphrate qui a permis de sécuriser la zone frontalière avec la Syrie et permis le retour de près de 100 000 milles personnes sur leurs terres en Syrie.
Il a insisté une nouvelle fois sur la protection offerte aux terroristes par certains pays européens, malgré qu'ils soient eux mêmes victimes d'attentats terroristes et les difficultés rencontrées dans la coopérations avec les services de renseignements des pays en questions.
Rappelant l'attentat dirigé contre des femmes musulmanes, perpétré sur le sol américain, Erdogan a déclaré :
"Celui qui a attaqué ces femmes aux Etats-Unis, juste parce qu'elles étaient musulmanes et tué les personnes qui se sont interposées est autant un terroriste que celui qui a attaqué les chrétiens en Egypte en raison de leur religion. Ils essayent de minimiser cet acte en le qualifiant de "crime de haine" mais il s'agit bel et bien d'une attaque terroriste".
Et Erdogan de poursuivre :
"Il était de coutume que les ministres des Affaires étrangères aux Etats-Unis organisent un repas de rupture du jeûne du Ramadan pour les Musulmans. Mais cette année ce repas a été supprimé. Vous disiez ne pas faire de discrimination ? Que vous étiez respectueux de la liberté de conscience ? Alors comment nommer ce que avez fait ? Bien sûr que notre façon de voir les choses change inéluctablement. Ce ne sont pas les paroles mais les actes qui nous importent".
Le président turc a aussi critiqué le soutien militaire apporté au PYD/YPG, une émanation de l'organisation terroriste PKK, assurant que la Turquie ne restera pas les bras croisés à observer.
"Ceux qui s'attendent à ce que l'on se contente de regarder tandis qu'un Etat terroriste se forme le long de nos frontières, nous connaissent bien mal. Peut-être qu'auparavant ils arrivaient à réaliser ce genre d'opération avec la complicité des traîtres infiltrés dans nos institutions, mais ce temps est maintenant révolu" a-t-il conclu.