Enes Kaplan,Ayvaz Çolakoğlu
26 Avril 2017•Mise à jour: 26 Avril 2017
AA - ANKARA - Ayvaz Colakoglu
Commentant la résolution de placer la Turquie "sous surveillance politique", prise par l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a déclaré qu'"il s'agit, pour son pays, d'une décision strictement politique, en contradiction avec les réalités de la Turquie".
Yildirim a pris le temps de répondre aux questions des journalistes, mardi, à son arrivée devant un grand hôtel d'Ankara, où se déroulait une cérémonie organisée par l'association des journalistes de radio et de télévision.
Il a été interrogé sur la résolution votée ce mardi par l'APCE qui place la Turquie "sous surveillance politique" et le soutien apporté à cette décision par les députés du HDP (parti démocratique des Peuples).
"La totalité des députés présents lors du vote militent pour que le PKK soit retiré de la liste des organisations terroristes, en cela nous ne sommes pas étonné (du soutien du HDP)" a-t-il relevé.
Yildirim a indiqué que l'Europe est en proie, ses derniers temps, à l'islamophobie, à la xénophobie et à des politiques hostiles à la Turquie, et que la décision de l'APCE n'est que le reflet de cette situation.
"Les organisations internationales prennent malheureusement ce genre de décision sous l'effet de la montée de la xénophobie. Cela ne contribue en rien à la paix dans la région et dans le monde. Pour la Turquie, il s'agit d'une décision strictement politique, en contradiction avec les réalités de la Turquie. Personne d'autre que la Turquie n'a vécu un traumatisme tel que celui du 15 juillet", a-t-il précisé.
Le Premier ministre turc a déclaré qu'une analyse de la situation sera faite et que les dispositions nécessaires seront prises face à cette situation.
"Nous verrons dans les prochains jours l'impact de cette décision sur l'Union européenne. D'ailleurs nos relations avec l'Union sont dans une situation des plus défavorables. Cette décision ne va pas changer grand chose", a-t-il lancé.
Et de poursuivre : "L'Europe doit refaire un point sur sa vision et éclaircir sa position vis à vis de la Turquie. L'Europe souhaite poursuivre sa route en tant qu'union chrétienne ou bien va t-elle permettre l'ouverture et faire adhérer la Turquie ? Ils doivent d'abord répondre clairement à cette décision en interne. Nous attendons des déclarations là-dessus".